jeudi 19 juin 2008
mardi 17 juin 2008
Le pluriel des noms simples
Noms en ail
Les noms en « ail » font leur pluriel en « ails ».
Exceptions
- bail, corail, émail, soupirail, travail, vantail, vitrail, qui font leur pluriel en « aux ».
Remarques
- bétail n'a pas de pluriel (bestiaux désigne des gros animaux domestiques, alors que le bétail est un nom collectif),
- bercail s'emploie fort peu au pluriel,
- ail fait au pluriel aulx, mais en termes de botanique on dit également des ails.
Noms en « al »
Les noms en « al » font leur pluriel en « aux ».
Exceptions
- bal, cal, carnaval, cérémonial, chacal, festival, récital, régal... dont le pluriel est « als ».
Remarque
- idéal fait au pluriel idéals ou idéaux.
Noms en « au », « eau », « eu »
Les noms en « au », « eau » et « eu » prennent un x au pluriel.
Exceptions
- landau, sarrau, bleu, pneu, émeu, lieu (poisson), qui prennent un s.
Noms en « ou »
Les noms en « ou » font leur pluriel en « ous ».
Exceptions
- bijou, caillou, chou, genou, hibou, joujou et pou, qui prennent un x.
jeudi 29 mai 2008
les pronoms Y et en
Est-ce difficile de se passer de sel ?
Consentez-vous à cette union ?
Êtes-vous invités au mariage d'Anna ?
Etes-vous convaincue de son innocence ?
Qui se charge du dossier de cet élève ?
Est-ce que tu te souviens de cette photo ?
Consacrez-vous beaucoup de temps au judo ?
- Votre frère s'est-il habitué au climat d'Afrique ?
- Votre fille est-elle contente de ses cours ?
Exercices
Exercice 1
Exercice 2
Exercice 3
Exercice 4
Exercice 5
lundi 26 mai 2008
l'imparfait
| Nous fais- | + | ais ais ait ions iez aient |
EXEMPLE : FAIRE : Nous fais-ons
| Faire | |
| je fais-ais tu fais-ais il/elle/on fais-ait nous fais-ions vous fais-iez ils/elles fais-aient
|
| INFINITIF | PRESENT | IMPARFAIT |
| Avoir | Nous av- | j’ av-ais |
| Parler | Nous parl- | je parl-ais |
| Finir | Nous finiss | je finiss-ais |
| Aller | nous all- | j’ all-ais |
| Venir | Nous ven- | je ven-ais |
| Dire | Nous dis- | je dis-ais |
| Prendre | Nous pren | je pren-ais |
| Boire | Nous buv | je buv-ais |
| Devoir | Nous dev | je dev-ais |
| Pouvoir | Nous pouv | je pouv-ais |
| Etudier | Nous étudi | j'étudi-ais nous étudi-ions |
| Manger | Nous mange | je mange-ais |
| Falloir | * | il fall-ait |
La formation de l'imparfait est toujours régulière avec une exception !
Etre Vous êtes j'ét-ais
| | |
vendredi 23 mai 2008
Le coucher de soleil ( chapitre 6 )
Chapitre VI
Ah! petit prince, j'ai compris, peu à peu, ainsi, ta petite vie mélancolique. Tu n'avais eu longtemps pour ta distraction que la douceur des couchers du soleil. J'ai appris ce détail nouveau, le quatrième jour au matin, quand tu m'as dit:
- J'aime bien les couchers de soleil. Allons voir un coucher de soleil...
- Mais il faut attendre...
- Attendre quoi?
- Attendre que le soleil se couche.
Tu as eu l'air très surpris d'abord, et puis tu as ri de toi-même. Et tu m'as dit:
- Je me crois toujours chez moi!
En effet. Quand il est midi aux États-Unis, le soleil, tout le monde le sait, se couche sur la France. Il suffirait de pouvoir aller en France en une minute pour assister au coucher de soleil. Malheureusement la France est bien trop éloignée. Mais, sur ta si petite planète, il te suffirait de tirer ta chaise de quelques pas. Et tu regardais le crépuscule chaque fois que tu le désirais...
- Un jour, j'ai vu le soleil se coucher quarante-trois fois!
Et un peu plus tard tu ajoutais:
- Tu sais... quand on est tellement triste on aime les couchers de soleil...
- Le jour des quarante-trois fois tu étais donc tellement triste?
Mais Le Petit Prince ne répondit pas.
Traduisez ce chapitre dans votre langue d'origine puis vérifiez votre traduction en cliquant ici.
jeudi 22 mai 2008
Les pronoms : lui, leur
Pronoms personnels : Lui / Leur .
Présentation
-A-J'envoie un message à mon ami .
-Je lui envoie un message .
-B-J'offre des fleurs à mes parents .
-Je leur offre des fleurs .
Observations
-On observe que les deux phrases A et B sont dites de deux manières différentes. Pourquoi ?
Afin d'éviter la répétition du complément d'objet indirect 'à mon Ami',on le remplace par 'lui' appelé pronom personnel.
Et on remplace le complément d'objet indirect 'à mes parents' par le pronom personnel 'leur'.
Exemple-Nous souhaitons aux enfants tout le bonheur du monde.
-'aux enfants'= c. o .i au pluriel remplacé par 'leur'.
-Nous leur souhaitons tout le bonheur du monde .
-Mon père souhaite à notre voisin bonne année .
-'à notre voisin'= c.o.i au singulier remplacé par 'lui'.
-Mon père lui souhaite bonne année .
-Remarque:
-Les pronoms personnels ' lui-leur 'sont toujours placés avant le verbe.
-Je lui demanderai de m'aider.
-Nous leur avons fait confiance.
Conclusion-'lui' est pronom personnel qui remplace un c.o.i au singulier.
-'leur' est un pronom personnel qui remplace un c.o.i au pluriel.
mardi 6 mai 2008
Le futur simple
Exercices de synthèse II
Exercices de synthèse III
Jeu de l'oie
Mots croisés 1
Mots croisés 2
Formation
La base pour former le futur simple est généralement l’infinitif du verbe suivi des terminaisons:
-ai -as -a -ons -ez -ont
Exemples
Je parlerai – Tu parleras – Il parlera – Nous parlerons – Vous parlerez – Elles parleront
Je partirai – Tu partiras – Il partira – Nous partirons – Vous partirez – Ils partiront
Exceptions
Certains verbes ont des “futurs irreguliers” parce que leur base ne correspond pas à l’infinitif du verbe:
être > je serai
avoir > j’aurai
aller > j’irai
venir > je viendrai
faire > je ferai
voir > je verrai
envoyer > j‘enverrai
savoir> je saurai
devoir > je devrai
vouloir > je voudrai
falloir > il faudra
pleuvoir > il pleuvra
Attention à l’orthographe!:
Les verbes en -RE perdent le “e” de l’infinitif:
Elle mettra sa robe dans la valise – Nous lirons ce livre
Pour les verbes en -YER, le y devient i:
Je paiereai la facture – Je essaierai de le faire.
être
je serai
tu seras
il / elle sera
nous serons
vous serez
ils / elles seront
avoir
j’aurai
tu auras
il / elle aura
nous aurons
vous aurez
ils / elles auront
aller
j’irai
tu iras
il / elle ira
nous irons
vous irez
ils / elles iront
faire
je ferai
tu feras
il / elle fera
nous ferons
vous ferez
ils / elles feront
finir
je finirai
tu finiras
il / elle finira
nous finirons
vous finirez
ils /elles finiront
offrir
j’offrirai
tu offriras
il / elle offrira
nous offrirons
vous offrirez
ils / elles offriront
attendre
j’attendrai
tu attendras
il / elle attendra
nous attendrons
vous attendrez
ils / elles attendront
savoir
je saurai
tu sauras
il / elle saura
nous saurons
vous saurez
ils / elles sauront
vouloir
je voudrai
tu voudras
il / elle voudra
nous voudrons
vous voudrez
ils / elles voudront
pouvoir
je pourrai
tu pourras
il / elle pourra
nous pourrons
vous pourrez
ils / elles pourront
devoir
je devrai
tu devras
il / elle devra
nous devrons
vous devrez
ils / elles devront
connaître
je connaîtrai
tu connaîtras
il / elle connaîtra
nous connaîtrons
vous connaîtrez
ils /elles connaîtront
dire
je dirai
tu diras
il / elle dira
nous dirons
vous direz
ils / elles diront
écrire
j’écrirai
tu écriras
il / elle écrira
nous écrirons
vous écrirez
ils / elles écriront
lire
je lirai
tu liras
il / elle lira
nous lirons
vous lirez
ils / elles liront
mettre
je mettrai
tu mettras
il / elle mettra
nous mettrons
vous mettrez
ils / elles mettront
boire
je boirai
tu boiras
il / elle boira
nous boirons
vous boirez
ils / elles boiront
voir
je verrai
tu verras
il / elle verra
nous verrons
vous verrez
ils / elles verront
recevoir
je recevrai
tu recevras
il / elle recevra
nous recevrons
vous recevrez
ils / elles recevront
suivre
je suivrai
tu suivrais
il / elle suivra
nous suivrons
vous suivrez
ils / elles suivront
venir
je viendrai
tu viendras
il / elle viendra
nous viendrons
vous viendrez
ils / elles viendront
courir
je courrai
tu courras
il / elle courra
nous courrons
vous courrez
ils /elles courront
prendre
je prendrai
tu prendras
il / elle prendra
nous prendrons
vous prendrez
ils / elles prendront
conduire
je conduirai
tu conduiras
il / elle conduira
nous conduirons
vous conduirez
ils / elles conduiront
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vendredi 18 avril 2008
jeudi 17 avril 2008
Le mot
Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes ;
TOUT, la haine et le deuil !
Et ne m'objectez pas que vos amis sont sûrs
Et que vous parlez bas.
Ecoutez bien ceci :
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce MOT — que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre —
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l'homme en face dit :
"Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel."
Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.
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vendredi 11 avril 2008

Le Corbeau et le Renard
Maître Corbeau, sur un arbre perché,
Tenait en son bec un fromage.
Maître Renard, par l'odeur alléché,
Lui tint à peu près ce langage :
"Hé ! bonjour, Monsieur du Corbeau.
Que vous êtes joli ! que vous me semblez beau !
Sans mentir, si votre ramage
Se rapporte à votre plumage,
Vous êtes le Phénix des hôtes de ces bois. "
A ces mots le Corbeau ne se sent pas de joie ;
Et pour montrer sa belle voix,
Il ouvre un large bec, laisse tomber sa proie.
Le Renard s'en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout flatteur
Vit aux dépens de celui qui l'écoute :
Cette leçon vaut bien un fromage, sans doute. "
Le Corbeau, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus.
Jean de La Fontaine
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lundi 31 mars 2008
La jeunesse de Molière
Fils de Jean Poquelin, riche marchand-tapissier établi rue Saint-Honoré à Paris, Jean Poquelin est baptisé le 15 janvier 1622 à la paroisse Saint-Eustache, vraisemblablement né le même jour ou la veille[4]. Deux ans plus tard, l'enfant, à la suite de la naissance d'un frère cadet également baptisé Jean, sera appelé Jean Baptiste.
Sa mère, Marie Cressé, meurt en 1632 alors qu'il n'a que dix ans, son père se remarie avec Catherine Fleurette, autre fille de tapissier, dont il aura cinq enfants. De 1633 à 1639 il est élève au collège de Clermont (actuel lycée Louis-le-Grand), tenu par des Jésuites, l'un des établissements les plus huppés de la capitale. Jean-Baptiste y fait d'excellentes études (latin, mathématiques, physique, philosophie mais aussi escrime et danse).
Grâce à son grand-père, il a pu assister aux représentations théâtrales de l'Hôtel de Bourgogne, mais aussi à celles des improvisations sur canevas des Italiens, ou aux farces comiques de Gaultier-Garguille ou Guillot-Gorju. Selon certaines sources, il aurait eu pour condisciple le prince de Conti, qui deviendra l'un de ses protecteurs.
Le 18 décembre 1637, il prête le serment de tapissier royal, reprenant ainsi la charge de son père auprès de Louis XIII. On ne sait si Molière exerce ou non son nouveau métier, toujours est-il qu'en 1640 il fait la connaissance d'une famille de comédiens, les Béjart et il tombe amoureux de Madeleine, protégée du duc de Modène. La même année, il rencontre Tiberio Fiorelli, le célèbre Scaramouche, et prend peut-être des leçons auprès de lui.
On pense qu'en 1641, il suit l'enseignement de Gassendi, philosophe épicurien et maître des libertins, qui a enseigné à La Mothe Le Vayer, Cyrano de Bergerac, Chapelle et d'Assoucy.
En 1642, il prend ses licences de droit à l'université d'Orléans et revient à Paris où il s'inscrit au barreau pendant six mois, puis il remplace son père qui veut lui laisser sa charge et voit d'un mauvais œil sa fréquentation des Béjart, et suit la cour de Louis XIII à Narbonne.
En janvier 1643, Jean-Baptiste renonce à la charge de son père qui lui coupe les vivres. Madeleine Béjart accouche d'une petite fille, Armande, que le duc de Modène reconnaît comme étant de lui. Le 13 juin, l'acte de fondation de l'Illustre Théâtre, sous la direction de Madeleine Béjart, est signé.
Des débuts difficiles
| Théâtre |
| Personnalités |
| Voir aussi |
En 1644, la troupe joue en province. En juillet ils sont de retour à Paris et Jean-Baptiste est devenu « Molière » et directeur de la troupe. Sur le choix de ce nom de scène, Grimarest, son premier biographe, écrit : « jamais il n'en a voulu dire la raison, même à ses meilleurs amis ». La troupe joue au Jeu de Paume des Métayers et essuie un échec cuisant.
La troupe fait faillite en 1645 et Molière est emprisonné au Châtelet pendant quelques jours, puis son père paie les dettes de la troupe pour le faire sortir et, sitôt libéré, la troupe part en province pour en rejoindre une autre dirigée par le comédien Dufresne, au service du duc d'Épernon, gouverneur de Guyenne. Entre janvier 1646 et mars 1657, la troupe joue à Nantes, Albi, Toulouse, Carcassonne, Poitiers, Vienne, Narbonne, Agen, Pézenas, Grenoble, Lyon, Montpellier, Dijon, Avignon, Bordeaux, Béziers, Rouen. En 1653, la troupe passe au service du prince de Conti, frère du grand Condé et nouveau gouverneur de la Guyenne. Mais celui-ci finit par céder aux pressions religieuses du moment et effectue une conversion. Le théâtre devient alors pour lui synonyme de perdition et il chasse de sa maison la troupe qui passe alors au service du gouverneur de Normandie.
Molière renonce à ses prétentions tragiques : il est une grande vedette comique et redevient chef de troupe en 1650. Il compose des farces sur le modèle italien, avec un seul canevas. Il crée le personnage de Mascarille dans ses premières vraies pièces : L'Étourdi (Lyon, 1655), Le Dépit amoureux (Béziers, 1656). En 1658 il fait la connaissance de Corneille vieillissant et joue à Rouen.
Le début de la gloire
Molière retourne à Paris en 1658, il joue au jeu de paume du Marais. Protégé par Monsieur, frère du roi, il joue alors devant Louis XIV une tragédie de Corneille, Nicomède, qui ennuie, et une farce, qui est un triomphe, Le Docteur amoureux. Molière dispose d'un grand talent comique : sa voix et ses mimiques déclenchent l’hilarité. La troupe de Molière jouit bientôt d'une réputation inégalée dans le comique, et le roi l’installe au Petit-Bourbon, où elle joue en alternance avec la troupe italienne de Scaramouche.
En 1659 la troupe perd Joseph Béjart et les Du Parc la quittent pour la troupe du Marais. On engage les jeunes comédiens La Grange et Du Croisy.
Le 18 novembre, c'est le succès éclatant des Précieuses ridicules, où Molière dans le rôle d'Ascarille donne la réplique à Jodelet, fameux comédien engagé pour l'occasion, et la faveur du roi. Le théâtre du Petit-Bourbon est ensuite détruit pour les besoins de la construction de la colonnade du Louvre, ce qui entraîne trois mois de chômage pour la troupe. Le roi installe Molière en 1660 au Palais-Royal, où Molière donne Sganarelle ou le Cocu imaginaire. Il est sacré par Baudeau de Somaize (auteur du Grand Dictionnaire des Précieuses) « premier farceur de France ». Il perd son frère cadet, ce qui fait de lui l'unique héritier de la charge de son père avec lequel il s'est réconcilié.
Molière partage, en 1661, le théâtre du Palais-Royal avec la troupe de Domenico Biancolelli, dit Arlequin. Il présente Dom Garcie de Navarre qui est un échec et L'École des maris qui triomphe. La même année, Molière emménage en face du Palais-Royal. Le 17 août il crée Les Fâcheux, sa première comédie-ballet, au château de Vaux-le-Vicomte, pour Fouquet qui reçoit le roi.
En 1662, Molière épouse Armande Béjart, de vingt ans sa cadette, avec qui il aura un fils Louis dont le roi est parrain, baptisé le 24 février 1664 et mort à huit mois et demi, une fille Esprit-Madeleine, baptisée le 4 août 1665, et un autre fils Pierre, baptisé le 1er octobre 1672 et mort le mois suivant. L'année de son mariage, il s’attaque à un sujet peu courant à l’époque : la condition féminine. L'École des femmes est un triomphe où Armande Béjart tient le rôle d'Agnès. En 1663, à cause des dévôts qui considèrent Molière comme un libertin et L'École des femmes comme une pièce obscène et irréligieuse, mais également parce que Molière est le premier comédien à avoir reçu une pension directe du roi, il est attaqué dans sa vie privée : on insinue qu'il a épousé sa propre fille. Le 1er juin il réplique par La Critique de l'école des femmes et, le 18 octobre, il joue devant le roi L'Impromptu de Versailles, qui donne également d'éclairantes précisions sur le fonctionnement d'une troupe de théâtre au XVIIe siècle.
Le 29 janvier 1664, Molière présente au Louvre Le Mariage forcé, où le roi danse, costumé en Égyptien. Il est ensuite nommé responsable des divertissements de la cour et, du 8 au 13 mai, il préside les Plaisirs de l'Île enchantée, divertissement présenté à Versailles en l'honneur de la nouvelle maîtresse du roi, Mlle de La Vallière. Il y donne La Princesse d'Élide qui mêle texte, musique et danse, et recourt à des machines sophistiquées et une première version en trois actes du Tartuffe que, sous la pression des dévôts, Louis XIV se voit dans l'obligation d'interdire pendant cinq ans. Cet épisode est demeuré célèbre sous le nom de « cabale des dévôts ». Cette même année, la troupe de Molière joue La Thébaïde, première pièce de Racine.
En 1665, on joue seulement quinze représentations du désormais célèbre Dom Juan. La troupe, soutenue par le roi, devient la Troupe du Roy et reçoit une pension de 6 000 livres par ans, ce qui ne fait pas grand-chose lorsqu'on sait que la recette d'une représentation réussie est d'environ 1 800 livres.
Le 15 septembre 1665, Molière donne L'Amour médecin et le 27 novembre, malade d'un "fluxion" qui était probablement la tuberculose, Molière est écarté de la scène pour deux mois. Le 4 décembre, la troupe joue Alexandre le Grand de Racine qui, déçu par l'interprétation, trahit Molière et confie sa pièce à l'Hôtel de Bourgogne.
Les dernières œuvres
En 1666, Molière et Armande se séparent. Le 4 juin Molière donne Le Misanthrope et le 6 août, Le Médecin malgré lui. Le 27 novembre il fait une grave rechute qui ne lui permet de remonter sur les planches qu'en juin 1667. Pendant cette année il forme le jeune Baron, âgé de quatorze ans, à l'art du comédien. Il tente alors de jouer à nouveau Tartuffe sous un titre différent, L'Imposteur, mais la pièce est interdite le lendemain. Il donne également Mélicerte, deux actes de comédie qui constituent la troisième entrée du Ballet des Muses commandé par Louis XIV au poète Benserade. Le roi y danse avec Henriette d'Angleterre, fille de Charles Ier d'Angleterre et d'Henriette de France.
Mlle Du Parc quitte une deuxième fois Molière pour l'Hôtel de Bourgogne et y crée le 22 novembre Andromaque, premier triomphe de Racine.
En 1668 sont représentées successivement Amphitryon le 13 janvier, George Dandin en juillet et L'Avare en septembre. La santé de Molière est très mauvaise et le bruit de sa mort court déjà dans Paris.
L’interdiction de représenter le Tartuffe est levée en 1669. La pièce remporte le 25 février un succès considérable avec une recette de 2 860 livres. La même année, il perd son père et crée avec la collaboration de Lully des comédies-ballets : Les Amants magnifiques, Monsieur de Pourceaugnac, Le Bourgeois gentilhomme.
En 1670 paraît Elomire hypocondre, pièce insultante écrite par Le Boulanger de Chalussay, dans laquelle Molière (dont Elomire est l'anagramme) est tourné en ridicule de façon particulièrement acide.
En 1671 Molière donne Psyché, Les Fourberies de Scapin, La Comtesse d'Escarbagnas et Les Femmes savantes.
En 1672 meurt Madeleine Béjart qui n'avait jamais cessé d'être d'une grande importance pour Molière. Il se réconcilie avec Armande et Lully intrigue auprès du roi pour obtenir l'exclusivité de la création des ballets.
En 1673 Molière a bel et bien perdu la faveur de Louis XIV et son Malade imaginaire n'est pas joué à la cour.
vendredi 14 mars 2008
Résumé de l'Avare de Molière
L'action se passe à Paris, chez Harpagon, riche bourgeois veuf et père de deux enfants, Cléante et Élise . Élise est secrètement fiancée à Valère, gentilhomme napolitain qui lui a sauvé la vie et qui s'est introduit chez Harpagon en qualité d'intendant; de son côté, Cléante voudrait épouser une jeune fille sans fortune, Mariane, dont il est épris. Le frère et la sœur craignent que leurs projets de mariage ne se heurtent à l'opposition irréductible d'Harpagon, dont ils déplorent la tyrannie et l'avarice. Harpagon lui-même est rongé d'inquiétude : il a enterré dans son jardin une somme de dix mille écus d'or et il redoute d'être volé. Obsédé par cette crainte, il chasse brutalement, après l'avoir interrogé et fouillé, La Flèche, le volet de Cléante (scène 111). Rencontrant ensuite ses enfants, il leur apprend qu'il a l'intention d'épouser Mariane, de marier Élise avec un vieillard de ses amis, Anselme, et de donner pour femme à Cléante, " une certaine veuve " (scène IV). Comme Élise repousse énergiquement le parti que son père a choisi pour elle, Harpagon demande à Valère d'intervenir pour la convaincre, ce qui met l'intendant dans un plaisant embarras.
ACTE Il. Les bonnes affaires d'Harpagon.
Cléonte, qui cherche à emprunter quinze mille francs, apprend que son prêteur réclame un taux exorbitant et prétend inclure dans le montant du prêt un amas de vieilleries hétéroclites évaluées à un prix déraisonnable (scène première). Tandis qu'il s'indigne contre ces conditions draconiennes, Cléonte découvre que l'usurier avec qui il songe à entrer en affaires n'est autre Harpagon. Le père et le fils s'adressent mutuellement de violents reproches (scène 11). Frosine, entremetteuse qu'Harpagon a chargée de négocier son mariage avec Mariane, l'informe que la mère de la jeune fille donne son consentement, et elle lui fait croire que Mariane a une prédilection pour les vieillards. Pourtant l'absence de dot tourmente Harpagon. Frosine essaie de lui démontrer que les habitudes d'économie d'une jeune fille pauvre constituent le plus avantageux des apports, mais Harpagon ne se laisse pas convaincre, et il reste sourd aux sollicitations de Frosine qui lui demande un peu d'argent (scène V).
ACTE III La réception de Mariane.
Harpagon, qui doit offrir un dîner à Mariane, multiplie les recommandations à ses domestiques pour réduire le plus possible la dépense, et Valère se joint à lui pour prêcher l'économie au cocher-cuisinier, maître Jacques (scène première). Celui-ci se querelle avec l'intendant, reçoit des coups de baton et jure de se venger. Cependant, conduite par Frosine, Mariane arrive, toute tremblante. L'aspect d'Harpagon la rebute, et son trouble augmente quand arrive Cléonte, en qui elle reconnaît le jeune homme qui lui a fait la cour. Les deux amoureux se font comprendre l'un à l'autre leurs véritables sentiments, en usent d'un langage à double sens, dont Harpagon ne saisit pas la vraie signification. Mais il a peine à contenir sa fureur lorsque Cléante lui ôte une bague de diamant pour l'offrir en son nom à Mariane (scène VII). On annonce alors Ici visite d'une personne que l'avare s'empresse d'aller recevoir, car elle lui apporte de l'argent.
ACTE IV. Rupture entre père et fils.
Au moment où Frosine explique à Cléonte et à Mariane un stratagème qu'elle a imaginé pour décider Harpagon à renoncer à son projet de mariage, l'avare survient brusquement et surprend son fils en train de baiser Ici main de Mariane. Soupçonnant une intrigue, il feint d'avoir renoncé à la jeune fille pour inciter Cléonte à lui confier ses véritables sentiments. Le jeune homme tombe dans le piège et avoue à son père qu'il est amoureux de Mariane et lui a fait la cour. Harpagon furieux menace de frapper son fils (scène 111). Maître Jacques intervient et réconcilie Harpagon et Cléante en prenant à part chacun d'eux pour lui faire croire que l'autre renonce à Mariane (scène IV). Après son départ, le malentendu se révèle, et la querelle reprend avec plus de violence entre Cléante et Harpagon, qui finalement chasse son fils après l'avoir déshérité et maudit (scène V). On voit alors paraître La Flèche portant Ici cassette d'Harpagon, qu'il a dérobée. L'avare s'est aperçu du vol; affolé, désolé, furieux, assoiffé de vengeance, il exprime dans un monologue comique les sentiments qui le bouleversent (scène Vit).
ACTE V. Chacun retrouve son bien.
Un commissaire de police, convoqué par Harpagon, interroge maître Jacques, qui, pour se venger de Valère, l'accuse d'avoir dérobé la cassette et laisse croire qu'il a des preuves irréfutables du vol (scène 11). L'intendant arrive, et l'avare le presse d'avouer son crime. Valère croit qu'il s'agit de ses fiançailles secrètes avec Élise; il proteste de l'honnêteté de ses intentions, et le quiproquo se prolonge pendant toute la scène (scène 111). Quand enfin la vérité se fait jour, Harpagon, au comble de la fureur, menace d'enfermer sa fille et de faire pendre l'intendant. L'arrivée du seigneur Anselme provoque alors une explication générale. Pour se disculper, Valère dévoile son identité et raconte son histoire. On découvre ainsi qu'il est le fils d'Anselme, lequel est aussi le père de Mariane. Seize ans plus tôt, un naufrage avait dispersé les membres de cette famille de l'aristocratie napolitaine. Grâce à cette reconnaissance romanesque, tout s'arrange. Un double mariage unira Valère à Élise et Cléante à Mariane; Anselme pourvoira aux besoins des deux ménages et paiera tous les frais; Harpagon retrouvera sa " chère cassette ".
L'Avare de Molière
CLEANTE, fils d'Harpagon, amant de Mariane.
ELISE, fille d'Harpagon, amante de Valère.
VALERE, fils d'Anselme et amant d'Elise.
MARIANE, amante de Cléante et aimée d'Harpagon.
ANSELME, père de Valère et de Mariane.
FROSINE, femme d'intrigue.
MAITRE SIMON, courtier.
MAITRE JACQUES, cuisinier et cocher d'Harpagon.
LA FLECHE, valet de Cléante.
DAME CLAUDE, servante d'Harpagon.
BRINDAVOINE, laquais d'Harpagon.
LA MERLUCHE, laquais d'Harpagon.
LE COMMISSAIRE et son clerc.
La scène est à Paris.
vendredi 22 février 2008
Le chat botté de Charles Perrault

Un meunier ne laissa pour tous biens à trois enfants qu'il avait, que son moulin, son âne et son chat. Les partages furent bientôt faits, ni le notaire, ni le procureur n'y furent point appelés. Ils auraient eu bientôt mangé tout le pauvre patrimoine.
L'aîné eut le moulin, le second eut l'âne, et le plus jeune n'eut que le chat. Ce dernier ne pouvait se consoler d'avoir un si pauvre lot:
- Mes frères, disait-il, pourront gagner leur vie honnêtement en se mettant ensemble; quant à moi, lorsque j'aurai mangé mon chat, et que je me serai fait un manchon de sa peau, il faudra que je meure de faim.
Le chat qui entendait ce discours, mais qui n'en fit pas semblant,lui dit d'un air posé et sérieux:
- Ne vous affligez point, mon maître, vous n'avez qu'à me donner un sac, et me faire faire une paire de bottes pour aller dans les broussailles, et vous verrez que vous n'êtes pas si mal partagé que vous croyez.
Quoique le maître du chat n'y croyait guère, il lui avait vu faire tant de tours de souplesse, pour prendre des rats et des souris, comme quand il se pendait par les pieds, ou qu'il se cachait dans la farine pour faire le mort, qu'il ne désespéra pas d'en être secouru dans sa misère.
Lorsque le chat eut ce qu'il avait demandé, il se botta bravement et, mettant son sac à son cou, il en prit les cordons avec ses deux pattes de devant, et s'en alla dans une garenne où il y avait grand nombre de lapins. Il mit du son et des lasserons dans son sac, et s'étendant comme s'il eût été mort, il attendit que quelque jeune lapin peu instruit encore des ruses de ce monde, vint se fourrer dans son sac pour manger ce qu'il y avait mis. À peine fut-il couché, qu'il eut satisfaction; un jeune étourdi de lapin entra dans son sac, et le maître chat tirant aussitôt les cordons le prit et le tua sans miséricorde. Tout fier de sa proie, il s'en alla chez le roi et demanda à lui parler. On le fit monter àl'appartement de sa majesté où, étant entréil fit une grande révérence au roi, et lui dit:
- Voilà, sire, un lapin de garenne que monsieur le Marquis de Carabas (c'était le nom qu'il lui prit en gré de donner à son maître), m'a chargé de vous présenter de sa part.
- Dis à ton maître, répondit le roi, que je le remercie, et qu'il me fait plaisir.
Une autre fois, il alla se cacher dans du blé, tenant toujours son sac ouvert; et lorsque deux perdrix y furent entrées, il tira les cordons, et les prit toutes deux. Il alla ensuite les présenter au roi, comme il avait fait avec le lapin de garenne. Le roi reçut encore avec plaisir les deux perdrix, et lui fit donner à boire. Le chat continua ainsi pendant deux ou trois mois à porter de temps en temps au roi du gibier de la chasse de son maître.
Un jour qu'il sut que le roi devait aller à la promenade sur le bord de la rivière avec sa fille, la plus belle princesse du monde, il dit à son maître:
- Si vous voulez suivre mon conseil, votre fortune est faite; vous n'avez qu'à vous baigner dans la rivière à l'endroit que je vous montrerai, et ensuite me laisser faire.
Le Marquis de Carabas fit ce que son chat lui conseillait, sans savoir à quoi cela serait bon. Pendant qu'il se baignait, le roi vint à passer, et le chat se mità crier de toutes ses forces:
- Au secours, au secours, voilà Monsieur le Marquis de Carabas qui se noie!
À ce cri le roi mit la têteà la portière, et reconnaissant le chat qui lui avait apportétant de fois du gibier, il ordonna à ses gardes qu'on allât vite au secours de Monsieur le Marquis de Carabas.
Pendant qu'on retirait le pauvre marquis de la rivière, le chat s'approcha du carrosse,et dit au roi que dans le temps que son maître se baignait, il était venu des voleurs qui avaient emporté ses habits, quoiqu'il eût crié au voleur de toutes ses forces; le drôle les avait cachés sous une grosse pierre. Le roi ordonna aussitôt aux officiers de sa garde-robe d'aller chercher un de ses plus beaux habits pour monsieur le Marquis de Carabas. Le roi lui fit mille caresses, et comme les beaux habits qu'on venait de lui donner relevaient sa bonne mine (car il était beau, et bien fait de sa personne), la fille du roi le trouva fort àson gré, et le Marquis de Carabas ne lui eut pas jeté deux ou trois regards fort respectueux, et un peu tendres, qu'elle en devint amoureuse à la folie.
Le roi voulut qu'il montât dans son carrosse, et qu'il fût de la promenade. Le chat ravi de voir que son dessein commençait à réussir, prit les devants, et ayant rencontré des paysans qui fauchaient un pré, il leur dit:
- Bonnes gens qui fauchez, si vous ne dites au roi que le pré que vous fauchez appartient à Monsieur le Marquis de Carabas, vous serez tous hachés menu comme chair à pâté.
Le roi ne manqua pas àdemander aux faucheurs à qui était ce pré qu'ils fauchaient.
- C'est à monsieur le Marquis de Carabas, dirent-ils tous ensemble, car la menace du chat leur avait fait peur.
- Vous avez là un bel héritage, dit le roi au Marquis de Carabas.
- Vous voyez, sire,répondit le marquis, c'est un pré qui ne manque point de rapporter abondamment toutes les années.
Le maître chat, qui allait toujours devant, rencontra des moissonneurs, et leur dit:
- Bonnes gens qui moissonnez, si vous ne dites que tous ce blé appartient àmonsieur le Marquis de Carabas, vous serez tous hachés menu comme chair à pâté.
Le roi, qui passa un moment après, voulut savoir à qui appartenaient tout ce blé qu'il voyait.
- C'est à monsieur le Marquis de Carabas, répondirent les moissonneurs, et le roi s'en réjouit encore avec le marquis.
Le chat, qui allait devant le carrosse, disait toujours la même chose à tous ceux qu'il rencontrait; et le roi était étonné des grands biens de monsieur le Marquis de Carabas.
Le maître chat arriva enfin dans un beau château dont le maître était un ogre, le plus riche qu'on ait jamais vu, car toutes les terres par où le roi avait passé étaient sous la dépendance de ce château. Le chat, qui eut soin de s'informer qui était cet ogre, et ce qu'il savait faire, demanda à lui parler, disant qu'il n'avait pas voulu passer si près de son château, sans avoir l'honneur de lui faire la révérence. L'ogre le reçutaussi civilement que le peut un ogre, et le fit reposer.
- On m'a assuré, dit le chat, que vous aviez le don de vous changer en toute sorte d'animaux, que vous pouviez, par exemple, vous transformer en lion, en éléphant?
- Cela est vrai, répondit l'ogre brusquement, et pour vous le montrer, vous allez me voir devenir lion.
Le chat fut si effrayé de voir un lion devant lui, qu'il gagna aussitôt les gouttières, non sans peine et sans péril, car ses bottes ne valaient rien pour marcher sur les tuiles. Quelques temps après le chat, ayant vu que l'ogre avait quitté sa première forme, descendit, et avoua qu'il avait eu bien peur.
- On m'a assuré encore, dit le chat, mais je ne saurais le croire, que vous aviez aussi le pouvoir de prendre la forme des plus petits animaux, par exemple, de vous changer en un rat, en une souris; je vous avoue que je tiens cela tout à fait impossible.
-Impossible? reprit l'ogre, vous allez voir, et aussitôt il se changea en une souris qui se mit à courir sur le plancher.
Le chat ne l'eut pas plus tôt aperçue qu'il se jeta dessus et la mangea.
Cependantle roi, qui vit en passant le beau château de l'ogre, voulut y entrer. Le chat, qui entendit le bruit du carrosse qui passait sur le pont-levis, courut au-devant, et dit au roi:
- Votre majesté soit la bienvenue dans le château de monsieur le Marquis de Carabas.
- Comment Monsieur le Marquis, s'écria le roi, ce château est encore à vous! Il n'y a rien de plus beau que cette cour et que tous ces bâtiments qui l'environnent: voyons-en l'intérieur, s'il vous plaît.
Le marquis donna la main à la jeune princesse, et suivant le roi qui montait le premier, ils entrèrent dans une grande salle où ils trouvèrent une magnifique collation que l'ogre avait fait préparer pour ses amis qui devaient venir le voir ce même jour, mais qui n'avaient pas osé entrer, sachant que le roi y était.
Le roi, charmé des bonnes qualités de monsieur le Marquis de Carabas, de même que sa fille qui en était folle, et voyant les grands biens qu'il possédait, lui dit, aprèsavoir bu cinq ou six coupes:
- Il ne tiendra qu'à vous, Monsieur le Marquis, que vous ne soyez mon gendre.
Le marquis, faisant de grandes révérences, accepta l'honneur que lui faisait le roi; et le même jour épousa la princesse.
Le chat devint grand seigneur, et ne courut plus après les souris que pour se divertir.

